PHYSIOPATHOLOGIE DE LA PASSION

(Texte de l'allocution du Symposium de Paris des 25-26 avril 2002)

 

 

I. INTRODUCTION

               Nous avons tellement l'habitude de lire ou d'entendre le récit de la Passion que l'enchaînement des faits nous paraît normal, et nous connaissons tellement bien l'image du Suaire que la position du corps nous semble logique, tant elle ressemble à la position habituelle d'un mort. Et pourtant, deux choses devraient nous frapper : le temps incroyablement court qui sépare la flagellation de la mort et l'impression que, mis à part les bras, le corps a gardé dans le linceul la position qu'il avait sur la croix.

 

               Le vendredi 14 nisan, probablement de l'année 30, vers 10 heures du matin, la condamnation à mort de Jésus vient d’être prononcée. A midi, après avoir été flagellé, il sera crucifié et il expirera seulement 3 heures plus tard, alors que le supplice de la croix a la réputation de durer longtemps, parfois plusieurs jours, et que Jésus, âgé d'une trentaine d'années, est un travailleur manuel robuste. Qu'a-t-il bien pu se passer pour que le dénouement soit aussi rapide ?

              Le mécanisme de la mort sur la croix est maintenant bien élucidé : il s’agit d’une asphyxie, plus ou moins rapide selon la possibilité donnée au condamné de pouvoir soulever son corps, et c'est d’ailleurs pour cette seule raison qu'on lui cloue les pieds. Les traces visibles sur le Suaire, aussi bien sur le devant des deux pieds que sous la voûte plantaire droite, ne laissent planer aucun doute : ils ont bien été encloués. Le supplice aurait donc dû durer plusieurs heures. Alors, pourquoi seulement trois ? Peu de temps après sa mort, Jésus sera descendu de la croix ; habituellement les cadavres restent souples au moins une demi-journée et pourtant, sur le Suaire, il est rectiligne, bras et jambes raides, pieds tendus, très loin de l'attitude habituelle de nos pietà ; comment cela se fait-il ?

              Ce ne sont ni les horions de la nuit, ni le couronnement d’épines – même s’il a pu provoquer une hémorragie non négligeable - ni le portement de la croix sur une distance de 600 à 700 mètres qui peuvent avoir épuisé la vitalité de cet homme. La seule explication plausible doit résider dans la flagellation.

              Ses modalités, son encadrement juridique, le fouet utilisé, tout cela est bien connu ; concentrons-nous sur le traumatisme lui-même.

 

II. QUANTIFICATION ENERGETIQUE DE LA FLAGELLATION

 

 

                 E ssayons de quantifier l'énergie - au sens physique du terme - libérée au cours de la flagellation ; nous connaissons :

 

              Pour calculer l’énergie, il nous faut encore connaître la vitesse de déplacement. Nous avons un point de comparaison possible, c'est le lancer du javelot : sa vitesse initiale est d'environ 100 km/h, soit 28 m/s et il est directement tenu dans la main du sportif, donc à 60 cm de l'épaule ; les haltères de plomb étaient fixées au bout d'un fouet mesurant à peu près 1,20 m, soit à environ 1,80 m de l'épaule. Si on considère que le bourreau frappait avec autant d'ardeur que le sportif lançant son javelot, pour un bras de levier 3 fois plus long, à vitesse angulaire égale, la vitesse linéaire sera 3 fois plus grande, soit environ 90 m/s ; ramenons cette vitesse à 60 m/s pour nous mettre dans une hypothèse plutôt basse et ne pas surestimer les conséquences de la flagellation , et ne perdons pas de vue que toutes les valeurs ci-dessus ne sont que des estimations et non des calculs, mais elles suffisent pour donner un ordre de grandeur.

 

              L'énergie totale libérée au cours de la flagellation est donc égale à 110 fois (1/2 m v²) , soit 396 kgm, ou 3883 joules. Pour comprendre ces chiffres, il faut les comparer avec d'autres valeurs connues : par exemple, une balle de 9 mm Parabellum (la munition classique tirée par nos pistolets automatiques) a une énergie de 36,5 kgm (il faut donc 9 balles pour obtenir la même énergie totale !) ; une balle de .357 magnum (une des plus puissantes munitions courantes d'arme de poing) a une énergie de 100 kgm (il faut donc l'énergie de 4 balles pour égaler celle de la flagellation).

             Un spécialiste en balistique, M H Josserand, a proposé un coefficient d'efficacité pour les munitions, dénommé stopping-power (StP), qui correspond à l'énergie du projectile (en kgm) multipliée par sa surface (en cm²) :

 

              Il a proposé une échelle d'efficacité des munitions selon leurs conséquences pathologiques :

                     pour une valeur du StP

 

 

              Dans le cas de la flagellation, nous avons calculé une énergie totale de 396 kgm et une surface d'impact de 2,5 cm² ; le nombre de StP est donc 990 , soit 28 fois la quantité d'énergie capable de mettre un homme hors de combat ; si l'on admet qu'il y avait 2 lanières par fouet (il a donc fallu 55 coups de fouet pour créer les110 impacts), on s'aperçoit qu'à chaque fois que la victime avait reçu 2 coups de fouet, elle avait encaissé une énergie suffisante pour l'assommer. Bien entendu, il ne faut pas prendre cette comparaison au pied de la lettre, l'énergie étant dissipée beaucoup plus rapidement au cours de l'impact d'une balle qu'au cours de la flagellation, mais l'ordre de grandeur des chiffres est correct et on comprend mieux le caractère traumatique gravissime d'une telle flagellation :

              Un autre point de comparaison nous est donné par la puissance d’un coup porté par un boxeur poids lourd : maximum 400 joules ; Jésus a donc encaissé l’équivalent de 10 coups de poing capables de provoquer un KO immédiat.

              Intéressons-nous maintenant à l'aspect médical et calculons la surface de peau lésée et le volume musculo-cutané contusionné :

 

III. CONSEQUENCES PHYSIOPATHOLOGIQUES DE LA FLAGELLATION

 

              En admettant, qu'en s'enfonçant brutalement dans la peau, chaque impact comprime violemment non seulement le plan musculo-cutané situé immédiatement au-dessous mais aussi celui situé à sa périphérie sur un espace de 5 mm - ce qui paraît un minimum - , la surface lésée pour chaque impact est de 8 cm² et le volume contusionné de 12 cm3. Pour 110 impacts, nous obtenons une surface lésée de 880 cm² et un volume contus de 1320 cm3, soit 1,3 litre.

 

              C’est un volume énorme de tissus écrasés, de cellules gravement endommagées dont les membranes ouvertes vont libérer leur contenu, provoquant des catastrophes biologiques. En regard de chacun des coups portés, il y aura un hématome et 110 hématomes causent une spoliation sanguine entraînant une hypovolémie avec début de choc hémodynamique.

              Regardons la répartition des coups de fouet : on voit qu’ils sont fréquents sur le tronc, notamment à sa face postérieure ; la dissipation de l'énorme énergie encaissée pendant la flagellation va évidemment ébranler fortement l'organisme, provoquant des lésions des organes atteints, non seulement la cage thoracique (peau, muscles), et son contenu (poumons, cœur), mais aussi les reins situés juste sous le diaphragme.

              Reprenons ces organes un par un et essayons de voir quelles seront les conséquences de leur traumatisme.

 

A. Les muscles

              Ils sont composés d'eau, de protéines (dont les protéines contractiles actine et myosine et une protéine transporteuse de l'oxygène la myoglobine dont le rôle sera fondamental dans les troubles rénaux), de sels minéraux, notamment sodium, potassium et calcium.

              E n cas de destruction musculaire :

 

 

B. Le cœur

              Le cœur est enveloppé dans une membrane séreuse inextensible, le péricarde, à l'intérieur de laquelle il se contracte. La contusion du cœur va entraîner un épanchement liquidien entre le cœur et le péricarde dont la conséquence, en dehors d’une douleur à chaque contraction, sera une gêne mécanique du remplissage cardiaque, pouvant aller jusqu'à le diminuer de façon importante (la tamponnade).

              L'automatisme de la contraction du cœur repose sur un tissu nerveux particulier et sur des concentrations ioniques précises notamment en calcium et potassium. Une anomalie de ces ions entraînera une arythmie et, parmi ces anomalies, les plus graves seront l’hyperkaliémie et l’hypocalcémie et, pire encore, leur association.

              Pour fonctionner correctement, le cœur doit alterner des périodes de repos suffisamment prolongées - pendant lesquelles il se remplit - et des contractions suffisamment fortes et complètes pour se vider. Si, au lieu de cette séquence contraction – repos il fait une suite ininterrompue de petites contractions superficielles entrecoupées de repos minimes, il ne va plus ni vraiment se remplir ni se vider, et son débit va chuter au point de devenir inefficace : c’est ce qu'on appelle la fibrillation ventriculaire. Celle-ci est mortelle en quelques dizaines de secondes et est favorisée par l’hyperkaliémie et l’hypocalcémie dont nous venons de parler.

 

 

C. Les poumons

              Ce sont deux sacs remplis d'air, entourés aussi par une membrane séreuse, la plèvre ; ils sont élastiques et ont tendance à se replier sur eux-mêmes ; ils ne restent déplissés que grâce à la dépression qui existe entre les feuillets de la plèvre. En cas de traumatisme thoracique, du liquide sera facilement exsudé dans la plèvre, déclenchant d'une part une douleur à chaque mouvement respiratoire et réduisant d'autre part le volume disponible pour les poumons. La conséquence sera une diminution de la ventilation.

              Le rôle des poumons est de permettre au sang d'avoir un taux constant en oxygène et en gaz carbonique. L'oxygène est le comburant indispensable des cellules, les deux sous-produits principaux de leur fonctionnement sont l'eau et le gaz carbonique, celui-ci étant l’une des deux grandes composantes acides du sang. En cas d’hypoventilation, il y a bien sûr insuffisance d'apport en oxygène, mais aussi, accumulation d’acide carbonique dans le sang (hypercapnie) à l'origine d'une acidose et d'une transpiration importante provoquant une déshydratation et majorant ainsi l’hypovolémie due à l’hémorragie du couronnement d’épines et de la flagellation.

 

 

D. Les reins

              Ils sont situés à la face postérieure du tronc, juste en dessous du diaphragme, modérément protégés par la cage thoracique, puisque seule leur moitié supérieure est cachée par les dernières côtes ; ils seront donc facilement lésés par un traumatisme postérieur. Leur contusion va entraîner un œdème et altérer leur fonctionnement, ce que l’on appelle une insuffisance rénale.

              Chaque rein est constitué de plus de 1 million de petits tubes poreux de 5 cm de longueur dont une extrémité s'ouvre directement dans les voies urinaires et l'autre, fermée par une membrane filtrante, est au contact d'un bouquet artériolaire ; toutes les molécules dont le poids moléculaire est inférieur à 68000 vont traverser librement cette membrane puis circuler dans le tubule où elle seront plus ou moins réabsorbées en fonction des besoins de l'organisme. Le rôle principal des reins est de maintenir l'équilibre hydro-électrolytique et acido-basique de l'organisme.

              La myoglobine issue de la destruction des muscles sera entièrement filtrée puisque son PM (17000) est largement inférieur au seuil de filtration de 68000 ; en raison de sa trop grande concentration dans les tubules, elle y précipitera, provoquant leur obstruction et l'arrêt du fonctionnement des reins ; les conséquences les plus rapidement graves seront l'accumulation de potassium dont nos avons vu le rôle toxique pour le fonctionnement cardiaque et la rupture de l'équilibre acido-basique avec acidose métabolique. Si celle-ci s’associe à l'acidose respiratoire, on aboutit à une acidose mixte dont l’organisme ne pourra plus se débarrasser. Cette acidification générale de l’organisme sera cause du dysfonctionnement de nombreuses réactions enzymatiques.

 

 

E. Faisons la synthèse de ce que nous venons de voir 

              Après la flagellation, Jésus est groggy : 20 fois de suite, il vient d’encaisser un choc suffisant pour le mettre KO ; il titube, tombe et ne pourra même pas porter seul une poutre de 20 kg sur 600 mètres. Sa peau et ses muscles sont lacérés sur près de 900 cm², son cuir chevelu est déchiré, il a saigné, il a une contusion thoracique rendant la respiration difficile et douloureuse, un épanchement est en train de se constituer dans son péricarde et sa plèvre ; plus insidieusement, ses reins sont virtuellement détruits : pour l’instant, ils fonctionnent encore, mais faiblement en raison de l’état de choc hypovolémique, dans quelques dizaines de minutes ils seront détruits par la myoglobine ; l'insuffisance rénale sera totale.

              C’est cet homme, en bonne santé il y a moins de deux heures, maintenant épuisé, détruit, que l’on va pendre par les mains à une croix jusqu’à ce qu’il y meure asphyxié.

              U ne fois crucifié, aux lésions causées par la flagellation vont s’ajouter celles de la pendaison par les mains, les deux s’intriquant jusqu’à devenir indissociables :

 

 

 

F. La rigidité cadavérique

 

              La mort est inéluctable et va survenir par défaillance cardiaque ; mais, auparavant, l’épuisement total de l’organisme va entraîner une conséquence peu habituelle : la rigidité cadavérique ne va pas s’installer progressivement, sur 24 à 36 heures, comme lors d’une mort par maladie ou accident, mais elle sera d’emblée totale. Pour comprendre ce phénomène, regardons le fonctionnement d’une cellule musculaire :

              P our effectuer leur travail, les muscles puisent leur énergie dans la combustion aérobie des glucides et des lipides, stockant l'énergie libérée sous forme d’ATP qui est la source énergétique immédiatement disponible de toutes nos cellules. Ses sources sont :

 

              En hypoxie, le cycle de Krebs, paralysé par l’accumulation d’enzymes réduits, interdit l'accès aux mitochondries ; la combustion des lipides devient alors impossible et, les pyruvates, issus de la combustion intra cytoplasmique des glucides - avec production de seulement 3 ATP au lieu de 38 - seront transformés en acide lactique, majorant ainsi l’acidose métabolique.

             La contraction musculaire, tout comme la décontraction, font appel à des cascades de réactions biochimiques nécessitant la présence d'ATP comme source énergétique. Or, la contraction est une réponse quasi inéluctable à un stimulus d’origine nerveuse ou ionique déclenchant une libération intracellulaire de calcium, alors que le relâchement fait seulement suite à une période de non stimulation pendant laquelle le calcium est recapté par le réticulum, permettant ainsi la fixation de l'ATP et l'amorce de rupture des ponts actine-myosine. Donc, tant qu’il y aura stimulation, il y a aura contraction et consommation d’ATP ; si ce dernier vient à être consommé entièrement, la décontraction ne pouvant plus s’amorcer, le muscle restera en contraction maximale.

              Dans le cas d'un organisme épuisé par un travail excessif et sans possibilité de repos, en hypoxie et insuffisance rénale, toutes les conditions sont réunies pour avoir une consommation intégrale de l'ATP sans possibilité de régénération ; on aboutit ainsi au décès avec une rigidité musculaire totale et immédiate et donc conservation de la position du corps.

 

G. Examinons attentivement la position du corps sur le Suaire :

 

              Cette position est très difficile à prendre volontairement et son maintien ne peut excéder quelques secondes sans que commencent à apparaître des contractures puis, très rapidement, des vraies crampes.

              Entre la mort de Jésus et sa descente de la croix, il a dû s'écouler au moins 1/2 heure. Il serait logique de penser que pendant ce temps le corps de Jésus s'est affaissé sous l'action de la pesanteur, les bras se tendant, les genoux se pliant ; dans ce cas, l'angle des genoux se rapprocherait de 90°, de même que celui des pieds.

              Après la descente de croix, il a fallu plusieurs personnes pour transporter Jésus jusqu'au tombeau, le portant à la fois par le tronc et par les pieds. Dans cette position, si le corps avait gardé une certaine souplesse, l'angle des genoux, en admettant qu’il ait été proche de 90° au départ, se serait effectivement ouvert et la valeur de 165° n'aurait rien d'exceptionnel, elle pourrait même atteindre sans difficulté 180° ; mais dans ce cas - et c'est ce qui est très important - l'angle des pieds avec les jambes aurait conservé la valeur qu’il avait sur la croix et les pieds auraient un angle de 45-50° environ avec les jambes, ne laissant sur le Suaire que l'empreinte des talons. Or, sur le Suaire, nous avons l'empreinte complète du pied droit. Donc ce pied était à plat sur le Suaire et, comme il n’y a aucune raison de penser que l'on ait forcé sur lui pour le mettre à plat dans le tombeau, c'est qu'il a gardé la position qu'il avait sur la croix.

              Nous sommes donc obligés de conclure que la position de Jésus n’a pas varié du tout entre sa mort sur la croix et sa mise au tombeau, ce qui ne peut s’expliquer que par la rigidité complète et immédiate de ses muscles, la raison de cette contracture invincible se trouvant dans l’absence totale d’ATP et donc dans une mort par épuisement absolu.

              Cette rigidité immédiate, rare, a déjà été décrite sur des combattants épuisés ; par ailleurs, Pierre Barbet en donne deux exemples dans son livre La Passion selon le Chirurgien.

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IV. CONCLUSION

              Les ressources modernes de la biochimie et de la physiopathologie nous permettent d’expliquer des éléments de la Passion dont le Suaire est le fidèle témoin. Mais il ne faudrait pas se contenter de regarder le suaire uniquement avec des yeux de scientifiques. A trop manipuler le microscope, la pipette, les équations ou le scalpel, on finit par oublier qu’il s’agissait d’un homme jeune, qui a connu une soirée d’angoisses, une nuit de garde à vue et d’interrogatoires agressifs, sans repos ni nourriture ; après l’avoir flagellé avec une rare violence , on lui a enfoncé sur le crâne une couronne de ronces, on l’a chargé d’une poutre de bois et on l’a mené vers le lieu de son supplice où on l’a cloué à la croix par les deux poignets et les deux pieds, et on l’a laissé mourir d’asphyxie, de crampes, d’épuisement complet ; derrière ces heures, ces faits, ces mots, se cache une douleur de chaque seconde, intolérable, atroce.

              Il y a la douleur de la peau, arrachée, écorchée, contusionnée en plus de 120 endroits, il y a la douleur des muscles écrasés par les impacts de la flagellation, la douleur de chaque contraction cardiaque, la douleur de chaque mouvement respiratoire, l’épouvantable douleur des clous qui s’enfoncent dans les articulations en les écartelant, l’intolérable douleur des poignets supportant tout le poids du corps uniquement par ces deux clous qui frottent sur les nerfs, la douleur de la soif ardente et des muqueuses desséchées, l’horrible douleur des crampes qui ne cessent pas une seconde, la douleur physique et morale de l’étouffement, la fatigue intense, épuisante jusqu’au bord de l’évanouissement que seule l’intensité même de la douleur empêchera ; c’est un océan de douleur qui va durer 3 heures, jusqu’à ce que l’âme quitte ce pauvre corps épuisé, au sens propre du terme, littéralement vidé de la moindre parcelle d’énergie, raide de crampes comme un cep de vigne. C’est cela, la Passion, c’est cela que nous raconte le Suaire, et c’est cela que nous devons essayer de ne pas oublier pendant que nous en poursuivons l'étude.