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Etude des traces de brûlures visibles sur le Suaire

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Etude de la flagellation romaine, de ses conséquences pathologiques et de ses principales traces sur le Suaire

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Etude critique sommaire de la datation au Carbone 14 et de son application au Suaire.

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Etude de la crucifixion dans l'antiquité, des causes de la mort sur la croix, des traces retrouvées sur le Suaire.

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Avertissement

La flagellation

Historique
Instruments
Nombre de coups
Modalités de la flagellation
Examen des blessures
Importance du traumatisme
Avertissement

                    Un petit mot concernant la description des supplices antiques ; quand on étudie les conditions de mise à mort des condamnés, on est frappé de stupeur devant tant de méchanceté, de cruauté et d’indifférence générale devant la douleur des personnes ; à notre époque où on ne peut procéder à la moindre intervention, aussi bénigne soit-elle, sans avoir recours à une anesthésie, on a de la peine à concevoir la brutalité des temps anciens ; la description des sévices subis au cours de la crucifixion dépasse l’imagination et amène une sorte de révolte et d’écœurement. Malheureusement, leur étude minutieuse et approfondie fait partie intégrante de l’étude du Suaire. J’ai essayé d’en parler sans faire intervenir la sensibilité, en restant purement descriptif. Il n’empêche, certains détails sont vraiment épouvantables et peuvent impressionner : on peut sauter ce chapitre, mais au risque de manquer l’essentiel du contenu du Suaire. On peut aussi faire l’effort de dépasser son malaise et on comprendra ce qu’était une crucifixion ; les âmes pieuses y découvriront une partie des souffrances endurées par Jésus au cours de sa passion et comprendront mieux le prix qu’il a payé pour racheter les fautes des pécheurs.

 

Historique : elle était quasi-systématique avant toute crucifixion, sauf, peut-être en cas de crucifixion en série, où on ne disposait pas du temps nécessaire ; lors de la destruction de Jérusalem, en 70, on a compté parfois plus de 500 crucifixions par jour , hommes, femmes, enfants … on n’avait pas le temps alors de fignoler le travail.

Instruments de la flagellation : le flagrum, fouet à manche court portant plusieurs lanières épaisses et larges (généralement 2, parfois 3), munies à quelque distance de leur extrémité de balles de plomb ou d’os de mouton. Les lanières coupaient la peau cependant que les balles ou les osselets imprimaient de profondes plaies contuses ; il en résultait une hémorragie non négligeable et un affaiblissement considérable de la résistance vitale du condamné, comme on le verra un peu lus loin en étudiant l'importance du traumatisme. En compensation, si on peut dire, cela abrégeait son agonie sur la croix …

 

on voit ici un exemple de flagrum, mais il en existait bien d'autres, l'imagination humaine étant malheureusement inépuisable ...    (dans  La Vérité sur le Suaire de Turin, de Stevenson et Habermas)

Sur ce flagrum romain, il y a 2 lanières et les petites haltères de plomb sont attachées perpendiculairement aux lanières. On connaît d'autres flagrum où les billes de métal étaient enfilées sur les lanières au voisinage de leur extrémité.  (4950 octets)

Le nombre de coups de fouet : il était strictement limité à 40 par la loi hébraïque, mais les pharisiens, pour être certains de ne pas enfreindre la loi, n’en faisaient donner que 39. Par contre, pour les romains, il n’existait pas de limite, hormis le fait que le condamné devait encore être capable de porter sa croix jusqu’au lieu du supplice. Jésus ayant été condamné à la flagellation par Pilate (romain), le nombre de coups de fouet pouvait ne pas être limité. Les Évangiles rapportent que Jésus ne parvenait plus à porter sa croix et qu’il a fallu faire appel à l’aide d’un passant ; cela peut correspondre à une flagellation particulièrement sévère et, d’ailleurs, ceux qui ont étudié les traces de la flagellation sur le Suaire ont relevé la marque de plus de 100 coups, ce qui, à raison de 2 lanières par fouet, indique au moins 50 coups de fouet.

 

Modalités de la flagellation : le condamné était attaché à une colonne ou à tout autre point situé en hauteur, les mains au-dessus de la tête ; on ne trouvait donc pas, en principe, de traces de fouet sur les bras et les avant-bras et, de fait, on ne trouve sur le Linceul aucune trace de flagellation sur la partie visible des avant-bras.

 

Examen des blessures:

Vue postérieure du corps du supplicié. Les ravages causés par la flagellation sont ici parfaitement compréhensibles ; on imagine sans peine que le vêtement dont on recouvrait le condamné devait adhérer à l'ensemble des blessures et à quel point son enlèvement devait être douloureux.   (5350 octets) Les traces sont répandues sur tout le corps, des épaules au bas des jambes.

La plupart sont sur la face postérieure ; on peut en conclure que le condamné était attaché face à la colonne.

Il n’y a pas de trace sur les avant-bras, ils étaient donc écartés du corps..

Le visage ne porte aucune trace de flagellation.

On voit de nombreuses traces sur la poitrine et sur le dos, jusqu'à la partie supérieure des deux épaules ; si les bras avaient été attachés à un seul point situé en hauteur, cet endroit aurait été relativement protégé car se trouvant au fond d'un pli ; l'hypothèse la plus plausible est que les deux bras étaient attachés en hauteur, mais à deux points distincts séparés du corps, un peu dans la position de la crucifixion.

Leur nombre : il y en a plus de 100, peut-être 120, réparties le plus souvent par 2 ou par 3.

Elles sont disposées en éventail de chaque bord ; le centre des coups portés à droite est un peu plus haut que celui des coups portés à partir de la gauche ; on peut en conclure que le bourreau placé à droite était probablement plus grand que celui placé à gauche et qu’il lacérait assez volontiers les jambes.

(d'après Tarquino Ladu)

Leur forme : elles sont représentées par 2 traces de 1 cm de diamètre environ, séparées par un espace de 1 cm environ ; elles ont donc la forme de petites haltères de 3 cm de longueur.

(ces traces sont celles qui figurent sur la fesse gauche)

Il semblerait, à l'analyse des traces de flagellation, que l'on se soit plutôt servi d'un flagrum où les billes de métal étaient enfilées sur les lanières et non attachées perpendiculairement ; mais le nombre très important de marques relevées et leur entrelacement rend cette étude particulièrement difficile et les conclusions doivent rester prudentes.   (8374 octets)
Importance du traumatisme :

             Essayons de quantifier l'énergie - au sens physique du terme - libérée au cours de la flagellation ; nous connaissons :

  • le nombre d'impacts : 100 à 120, donc nous prendrons 110 comme base de calcul
  • l'objet contondant : une haltère de plomb, d'une longueur de 3 cm, composée de 2 boules de 1 cm de diamètre attachées à une lanière de cuir ; le poids de l'haltère peut être estimé à 18 g et celui du cuir à 2 g (en considérant que 5 cm environ de cuir frappaient le corps en même temps que le plomb) ; le poids total de l'objet contondant était donc de 20 g.

             Il nous reste à connaître la vitesse de déplacement de l'objet. Nous avons un point de comparaison possible, c'est le lancer du javelot : sa vitesse initiale est d'environ 100 km/h, soit 28 m/s et il est directement tenu dans la main du sportif, donc à 60 cm de l'épaule ; les haltères de plomb étaient fixées au bout d'un fouet mesurant environ 1,20 m (0,50 m pour le manche, 0,70 m pour la ou les lanières) soit à environ 1,80 m de l'épaule. Si on considère que le bourreau frappait avec autant d'ardeur que le sportif lançant son javelot, pour un bras de levier 3 fois plus long, la vitesse de déplacement était 3 fois plus rapide, soit environ 90 m/s ; ramenons cette vitesse à 60 m/s pour nous mettre dans une hypothèse plutôt basse et ne pas surestimer les conséquences de la flagellation et en ne perdant pas de vue que toutes les valeurs données ci-dessus ne sont que des estimations et non des calculs, mais elles suffisent pour donner un ordre de grandeur.

             L'énergie totale libérée au cours de la flagellation est donc égale à (1/2 m v²) x 110, soit 396 kgm, ce qui équivaut à 3883 joules. Pour comprendre ces chiffres, il faut les comparer avec d'autres valeurs connues : par exemple, une balle de 9 mm Parabellum (la 9 mm classique tirée par nos pistolets automatiques ou nos mitraillettes de la deuxième guerre mondiale) a une énergie de 36,5 kgm (il faut donc 9 balles pour obtenir la même énergie totale !) ; une balle de .357 magnum (une des plus puissantes munitions courantes d'arme de poing) a une énergie de 100 kgm (il faut donc l'énergie de 4 balles pour égaler celle de la flagellation). Un spécialiste en balistique, M H Josserand, a proposé un coefficient d'efficacité pour les munitions, dénommé stopping-power (StP), qui correspond à l'énergie du projectile (en kgm) multipliée par sa surface (en cm²) : 1 StP = 1 Kgm x 1 cm².

             Il a proposé une échelle d'efficacité des munitions selon leurs conséquences pathologiques : pour une valeur du StP

  • inférieure à 5 : pas d'effet de choc
  • comprise entre 6 et 15  : choc léger
  • comprise entre 16 et 35  : choc réduit
  • supérieure à 35 : choc important avec effet immédiat d'assommoir

             Dans le cas de la flagellation, nous avons calculé une énergie totale de 396 kgm et une surface d'impact de 2,5 cm² ; le nombre de StP est donc 990 , soit 28 fois la quantité d'énergie capable de mettre un homme hors de combat ; si l'on admet qu'il y avait 2 lanières par fouet (il a donc fallu 55 coups de fouet pour créer 110 impacts), on s'aperçoit qu'à chaque fois que la victime avait reçu 2 coups de fouet, elle avait encaissé une énergie suffisante pour l'assommer. Bien entendu, il ne faut pas prendre cette comparaison au pied de la lettre, l'énergie étant dissipée beaucoup plus rapidement au cours de l'impact d'une balle qu'au cours de la flagellation, mais l'ordre de grandeur des chiffres est correct et on comprend mieux le caractère traumatique gravissime d'une telle flagellation.

             Calculons maintenant la surface de peau lésée et le volume musculo-cutané contusionné :

 

schéma de l'impact d'un coup de fouet, vu par dessus. En gris, la forme de l'objet contondant (l'haltère, le cuir n'a pas été représenté pour simplifier), et rosé la surface de peau contusionnée (elle entoure l'objet en le dépassant de 5 mm).

Vue en coupe d'un impact de la flagellation : l'haltère a pénétré la peau de 1 cm, ce qui est certainement très sous-estimé sauf dans les endroits où la peau est proche des os) ; la zone contuse s'étent tout autour de l'haltère en la débordant de 5 mm. Il est vraisemblable que cette profondeur est aussi sous-estimée.

                  

             En admettant qu'en s'enfonçant brutalement dans la peau chaque impact comprime violemment non seulement le plan musculo-cutané situé immédiatement au-dessous mais aussi celui situé à sa périphérie sur un espace de 5 mm - ce qui me paraît un minimum - , la surface lésée pour chaque impact est de 8 cm² et le volume contusionné de 12 cm3. Pour 110 impacts, nous obtenons une surface lésée de 880 cm² et un volume contus de 1320 cm3, soit 1,3 litre.

             Ce volume énorme de tissus écrasés - où les cellules sont gravement endommagées, leurs membranes ouvertes, leur contenu libéré - prendra toute sa valeur quand nous étudierons les effets physio-pathologiques de la flagellation.

                Les images données par les traces jaunes sont tridimensionnelles, comme on l’a vu, mais n'ont aucun caractère directionnel. Les plaies causées par la flagellation, elles, sont directionnelles et, vues sous un angle de 45 °, on peut différencier à l’aide d’un ordinateur, les traces provenant du fouet manié de la droite de celles provenant de l’autre fouet. Cette particularité n’est valable que pour les traces de la flagellation, aucune autre trace du Suaire n’ayant de caractère directionnel. Nous sommes encore là devant un détail échappant à toute possibilité de falsification : c'est bel et bien un corps ayant subi une sévère flagellation qui a été enfermé dans le linceul;

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